Comment les politiques nous prennent pour des CONS en 3 leçons

Quand je m’ennuie, j’aime regarder les vidéos de politique, dans les débats, les interviews… Oui, je sais, quelle vie palpitante, hein ?

En réalité, je m’intéresse avant tout à la forme – plutôt qu’au fond – de ces interventions. Une question se pose alors systématiquement :

Quelle(s) technique(s) utilise ce chenapan pour influencer mon jugement ??

Evidemment, l’intitulé de mon article est PROVOCATEUR : “Comment les politiques nous prennent pour des CONS en 3 leçons” haha ! Même si bon… Bref.

J’utilise d’ailleurs un principe tout bête que l’on nomme la généralisation abusive, qui consiste à “prendre un échantillon trop petit pour en tirer une conclusion générale”. En somme : les politiques utilisent ces techniques DONC les politiques nous prennent pour des cons.

D’ailleurs je généralise en disant que TOUS les politiques nous prennent pour des cons, mais qu’est-ce qui prouve que TOUS les politiques usent de ces techniques ? BREEEF !

En réalité, ne nous voilons pas la face, tout bon communicant utilise ces principes, chaque-discours-politique en est copieusement saupoudré, de manière plus ou moins subtil.

Aujourd’hui, je vous invite à découvrir 3 techniques utilisées par nos responsables politiques. Enjoy !

Leçon N°1 par Nicolas Sarkozy : “C’est pas ma faute à moi ! Moi Nicolas.”

 


“Pas-un seul-budget-en équilibre-depuis-1974.”

BON SANG MAIS C’EST BIEN SÛR !

On peut noter ici la présence d’un principe que l’on nomme “biais d’auto-complaisance”.

“Le biais d’auto-complaisance est la tendance à s’attribuer le mérite de ses réussites et à attribuer ses échecs à des facteurs extérieurs défavorables.”

Ici, les facteurs extérieurs étant… les autres, la crise, la mondialisation, la peur, l’Europe, le reste du monde. 

Il s’agit d’un “sport” extrêmement populaire chez les politiques, je ne peux donc malheureusement pas décerner de médaille d’or. Soulignons le fait que cette technique prend davantage de poids lorsqu’elle se dirige vers des facteurs extérieurs multiples. Dans notre cas, nous avons UN HOMME (Nicolas Sarkozy) face au RESTE DU MONDE, le combat est inégal, voire, perdu d’avance, n’est-ce pas ?

Je donne un 8/20 à cette technique. J’aurais aimé que Mr Sarkozy l’accompagne d’un joli storytelling du genre :

“6 mai 2007 (ndlr élection de Sarkozy), me voici parachuté sur le champs de bataille. Une profonde envie m’anime, l’énergie d’un Dieu, la bravoure d’un soldat. Autour de moi, un peuple blessé, meurtri par 30 années de politique néfaste. “MAYDAY ! MAYDAY !” hurle un compatriote, je m’approche de lui mais mes pieds et mes poings sont liés -foutus socialistes- que le terrain est miné -foutue mondialisation- et que la peur est omniprésente -foutue crise économique- Mais je ne plierai pas ! Crotte à la fin ! Pas-un-seul-budget-en-équilibre-depuis-1974 ! Merci, merci à tous…”

Poursuivons !

Leçon N°2 par Marine Le Pen : “Ô mon grand Sac !”

 

Alors alors… Ce discours est intéressant à analyser car il repose sur plusieurs leviers.

  • Le levier émotionnel : la violence inouïe des attentats sollicite toute une palette d’émotions allant de la tristesse à la haine, de la colère à la peur. En rhétorique, nous nommons cela le “phatos”, ou preuve pathétique, qui vise à jouer sur les passions de l’auditoire.
  • Le levier cognitif : bien entendu, Marine le Pen décide de jouer sur les palettes qui l’intéresse : la peur, la haine.

Ce levier cognitif se nomme le “biais de cadrage” : “le cadrage est l’action de présenter un « cadre cognitif » comme approprié pour réfléchir sur un sujet. Ce cadrage peut avoir un effet sur le raisonnement et conduire à des choix différents en fonction de la façon dont le problème a été formulé.”

Forcément, il est plus “intéressant” pour un parti comme celui de Marine le Pen de CADRER la situation en fonction de sa ligne politique.

  • Marine le Pen démarre son discours en évoquant les barbaries du 13 Novembre (l’évocation amène des émotions.)
  • Une fois mis en place, elle détermine (et cadre, donc) les alliés et les ennemis de la France (merci Meudeume) : les islamistes… (bon, là, ok) les pays qui ont une attitude ambiguë avec les entreprises terroristes (bon là, madame ratisse large, c’est plus fun d’être ambiguë dans ses propos quoi).

Bon, maintenant qu’on a bien peur, qu’on a ciblé les islamistes ET les pays ambiguës (hem), qu’est-ce qu’il reste à faire ? Eh bien, offrir des solutions ! (Stratégie de manipulation des masses N°2…) Attention, à suivre, un festival de Cannes de Yes Set, technique très connue en hypnose notamment, qui consiste à créer une séquence d’acceptation dans la tête de l’interlocuteur qui le poussera à dire OUI à tout ce que vous direz.

Le fondamentalisme islamiste doit être anéanti (oui…) + interdire les organisations islamistes (oui ?) + fermer les mosquées radicales (OUI ?) + expulser les étrangers qui prêchent la haine sur notre sol (OUI !) + ainsi que les clandestins… (OUIII ! Attends… quoi ?)

Pour cet enchaînement majestueux, je ne peux mettre qu’un 17/20 avec les félicitations du conseil de classe.

Leçon N°3 par Manuel Valls – “Vous êtes fou ? C’est pas moi ! J’ai pas volé l’discours !”

Bon, terminons dans la joie et la bonne humeur les amis ! Il existe bien des manières d’influencer l’auditoire. La rhétorique ou l’art de persuader par le discours regroupe toute une panoplie de techniques intéressantes à analyser.

Si l’on analyse ce discours sous l’œil de la rhétorique, on peut noter certaines choses.

  • L’Ethos préalable : il s’agit de la réputation de l’orateur. Nicolas Sarkozy comme Manuel Valls ont un Ethos préalable, ce qui influence la perception que l’on peut avoir/aura du discours.
  • L’anaphore : consiste à commencer ses phrases par le même groupe de mot pour renforcer leur impact. Comme “Moi, Président de la République” ou, dans notre cas “La grandeur de…” “La grandeur de…”
  • La métaphore et l’évocation : La métaphore consiste à associer deux éléments pour les rapprocher. Pour Valls et Sarkozy, il s’agit de métaphores alliant la grandeur de la France à des grands noms (De Gaulle, Jaurès…). Ces grands noms évoquent des valeurs puissantes dans l’inconscient collectif.

Leur discours se rattache à de nombreuses valeurs de la France, une manière subtile et puissante de capter l’attention de l’auditoire et de, pourquoi pas, convaincre.

Pour ce discours, je mets un 5/20 à Manuel Valls ! Pas bien de recopier le texte du voisin de droite !

Quoiqu’il en soit, j’espère que cet article vous aura appris 2-3 petites choses. Je tiens à préciser que je ne milite pour aucun parti. En tant que passionné de psychologie et d’influence, je suis juste ravi de pouvoir vous partager mes observations de discours dans le monde politique.

Je compte sur vous pour me laisser vos commentaires tout en laissant de côté votre affection/aversion pour tel ou tel parti.

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Mentalistiquement..

Philippe Peytroux
Written by Philippe Peytroux
Passionné par la psychologie, l'influence et l'hypnose, je partage mes connaissances sur Influence-Hypnotique.fr. #Auteur du livre Mentalisme En Action #Blogueur et éternel #Optimiste